Le Taichi Chuan

LotusPont:PekinTaichi chuan ou Taiji quan : Pour le profane, ce mot évoque à la fois une danse lente et un combat au ralenti. Le pratiquant y découvre au fur et à mesure différents niveaux qui relient corps et esprit, intention et réalisation… Le taichi chuan, pour améliorer la vitalité, se doit de rester essentiellement un art martial Interne : la plus grande efficacité vient alors de la plus grande lenteur, de la souplesse et de la patience, d’une certaine subtilité, précise, surprenante… Cet art du mouvement et de l’énergie, basé sur l’alternance et la complémentarité Yin-Yang, Ciel et terre, etc… remonte à la nuit des temps* cf la légende, plus bas .

Il est l’art d’agir par le non-agir, même dans les mouvements à deux (tuishou, talou, sanshou…) les enchaînements rapides ou les armes. Il est un jeu complexe et profond. Un sport, (ou « jeu avec règles » d’après le dictionnaire), plein d’esprit, que l’on peut longuement apprivoiser. Chinois et anglo-saxons disent d’ailleurs « jouer du taichi chuan ».
Nos expressions populaires conviennent dès le premier abord à cette pratique : « Avoir les reins solides », ne pas être « à coté de ses pompes », mais bien dedans, « ne pas perdre le Nord ». Lorsque le pratiquant retrouve son centre, disent les Chinois, lorsque « le TAO agit par lui », il devient un « pilier entre ciel et terre » et participe consciemment aux « 10 000 Transformations ». La conscience et l’intelligence sont déterminants.

tung6« Le TaiChi-Chuan doit être aspiration à la sérénité et à la compréhension de soi. C’est vraiment un exercice intérieur… C’est aussi une méthode de self défense très élaborée et efficace. Plus de pratique permettra d’acquérir une subtilité sans fin ». TUNG Kai Ying

*La légende :
Sur l’un des 72 monts Wudang, l’ermite Chang San Feng médite en contemplant le combat sans fin d’un serpent et d’un oiseau . Inspiré par leurs mouvements et par la Grande Ourse, il découvre la synthèse du Yang et du Yin, le Yin-Yang, de la ligne (axes et intention) et de la spirale (sphère et gestuelle) sans oublier le Taichi, le Grand retournement, la Structure, la poutre faîtière ou sommet de montagne entre adret et ubac, passages du basculement de l’ombre à la lumière, du Yin au Yang, via…le centre et le vide. Tout cela dans le Chuan, le poing, la main de l’être humain, ici-même, et maintenant, très concrètement.
Le Serpent (ou Dragon), tout comme l’Oiseau, Pie, Paon ou Phénix se retrouve partout, de l’entrée des demeures à celles des temples taoïstes, et, ensemble, ils forment le Yin-Yang, totalement inséparables, comme a pu le constater l’ermite.

Bien noter :
Il y a non seulement de nombreux taichi chuans traditionnels comme les styles Hao, Yang, Wu, Chen, Sun, Li, Zaobao … mais il existe aussi des formes modernes de taichi . Ces formes modernes sont :
soit des formes très simplifiées, courtes, créées en Chine pour faciliter l’apprentissage, celles que l’on voit souvent pratiquées par les personnes âgées qui se mettent au taichi
– soit des formes modernes de taolu (enchaînements), à main nue ou d’épée, pour la compétition officielle IWUF (maintenant, comme en patinage, il faut même créer une forme personnelle !) contenant des « difficultés » comme sauts, grands écarts, arrêts jambe haute…. Or ces formes chorégraphiques n’ont pas de finalité martiale et énergétique.
– soit des formes que la Chine moderne appelle « classiques » mais qui ont été raccourcies, standardisées par l’IWUF, pour que tous fassent le même enchaînement afin de juger plus facilement en compétition ; un juge surveille les pieds, un autre les mains etc … Seules deux formes à main nue et & épée sont concernées par cette standardisation : Yang et Chen.

Les styles traditionnels, eux, sont plus longs, plus complets. Ils comportent de fort utiles répétitions comme un chant comporte des refrains et des couplets . Ils permettent une progression, un réel approfondissement. Tous, jeunes et vieux peuvent les étudier, évoluer selon leurs possibilités, y améliorer santé, vitalité, et martialité, car la mémorisation n’est vraiment pas le problème. Martialité & santé y sont liés. Nous étudions le style Yang traditionnel et, plus tard, le style Hao (Wu-Hao) appelé aussi « Ouvert & Fermé », premier style pratiqué par Tung Ying-jié (cf à « Médiathèque », sur ce site, la rubrique : « Ecrits et Livres », un article sur notre style Hao y est téléchargeable).
Les compétiteurs de notre école se présentent, s’ils le souhaitent, en « championnats de styles traditionnels » (non standardisés) organisés par la Faemc ou la TCFE. Ils ont aussi, via notre fédération, la Faemc (fédération des arts énergétiques et martiaux chinois, agréée), la possibilité de passer des Duans (grades) Les grades sont soit ceux de la CSDGE, soit des duans fédéraux sur le même programme.

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